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Le
surentraînement
1) Comment
savoir s’il s’agit de surentraînement :
a) Description
Le problème
du surentraînement est maintenant reconnu et abondamment étudié.
Cependant, il n’existe pas encore de définition médicale
précise de ce qu’est, biologiquement, le surentraînement.
C’est pourquoi la description de la maladie, formée par recoupement
des témoignages des sportifs, est très importante.
Le surentraînement est ressenti par le sportif comme une grande
fatigue associée à un manque d’envie. Plus envie de
s’entraîner, perte de l’appétit parfois, baisse
du désir sexuel… L’athlète ressent pour le sport
une sensation comparable à celle du déprimé pour
la vie : un manque d’élan vital. Le sportif, non seulement
ressent un manque d’envie de faire du sport, mais en plus manque
d’entrain dans la vie, travaille moins bien, est excité ou
trop calme, parle peu ou au contraire trop, est irritable… Il y
a beaucoup de signes (qui ne semblent pas importants ni graves) qui sont
signes de surentraînement. La liste entière serait trop longue
à donner, et chaque sportif peut ressentir les choses de manière
différente ; si le sportif est honnête avec lui-même,
il reconnaîtra qu’il n’est pas dans un état normal
et surtout qu’il a un profond besoin de repos (pour connaître
les questions à se poser, voir partie tests). On peut dire quand
même que les performances du sportif surentraîné sont
moins bonnes. Il se fatigue plus vite qu’habituellement et peut
être énervé par ses mauvaises sensations.
b) Tests
- Évaluation
d’un indice de fatigue :
Il s’agit d’un
outil psychologique : avant chaque entraînement, l’athlète
procède à une auto évaluation de son état
sur une échelle de 1 à 7 avec les critères suivants
:
| Niveau
de fatigue |
|
| Perturbation
du sommeil |
|
| Douleurs
musculaires |
|
| Stress
|
|
1= très
très bas, 2 très bas, 3 bas, 4 moyen, 5 élevé,
6 très élevé, 7= très très élevé
Résultat :
Un total (indice de fatigue) proche de 16 révèle un niveau
de fatigue normal lors des périodes de préparation.
En période de compétitions, l’indice de fatigue doit
être plus bas (10- 12).
Un niveau 5 pendant 5 jours consécutifs dans un des 4 critères
doit conduire l’athlète à alerter son entraîneur
et à réajuster les charges de travail.
Ces valeurs moyennes sont données à titre indicatif. Elles
doivent être pondérées en fonction des individus et
des observations sur le terrain.
(source : www.insep.fr/Eac/Doc/surentrainement_prevost.htm)
- Questionnaire psychocomportemental
de surentraînement, élaboré par le groupe «
surentraînement » de la Société Française
de Médecine du Sport (Legros P., Le groupe de surentraînement.
Le surentraînement : diagnostic des manifestations psychocomportementales
précoces. Science & Sports 1993; 8: 71-77) :
Comment répondre
au questionnaire :
La liste ci-dessous évoque quelques problèmes rencontrés
par beaucoup de sportifs. Lisez attentivement cette liste et cochez la
réponse “OUI” ou “NON” selon votre état
actuel. Veuillez répondre à toutes les questions même
si elles ne vous semblent pas très adaptées à votre
cas. Si vous hésitez, entourez ce qui correspond le mieux à
votre état aujourd’hui.
Questions :
1. Ce dernier mois
mon niveau de performance sportive, mon état de forme a diminué
OUI - NON
2. Je ne soutiens pas autant mon attention OUI - NON
3. Mes proches trouvent que mon comportement a changé OUI - NON
4. J’ai une sensation de poids sur la poitrine (OUI - NON) de palpitations
de gorge serrée (OUI - NON)
5. J’ai moins d’appétit qu’avant OUI - NON
6. Je mange davantage OUI - NON
7. Je dors moins bien OUI - NON
8. Je somnole et baille dans la journée OUI - NON
9. Les séances me paraissent trop rapprochées OUI - NON
10. Mon désir sexuel a diminué OUI – NON
11. J’ai des troubles des règles OUI - NON
12. Je fais des contre-performances OUI - NON
13. Je m’enrhume fréquemment OUI - NON
14. Je grossis OUI - NON
15. J’ai des problèmes de mémoire OUI - NON
16. Je me sens souvent fatigué OUI - NON
17. Je me sens en état d’infériorité OUI -
NON
18. J’ai des crampes, courbatures, douleurs musculaires fréquentes
OUI - NON
19. J’ai plus souvent mal à la tête OUI - NON
20. Je manque d’entrain OUI - NON
21. J’ai parfois des malaises ou des étourdissements OUI
- NON
22. Je me confie moins facilement OUI - NON
23. Je suis souvent patraque OUI - NON
24. J’ai plus souvent mal à la gorge OUI - NON
25. Je me sens nerveux, tendu, inquiet OUI - NON
26. Je supporte moins bien mon entraînement OUI - NON
27. Mon cœur bat plus vite qu’avant au repos (OUI - NON); à
l’effort (OUI – NON)
28. Je suis souvent mal fichu OUI - NON
29. Je me fatigue plus facilement OUI – NON
30. J’ai souvent des troubles digestifs OUI - NON
31. J’ai envie de rester au lit OUI - NON
32. J’ai moins confiance en moi OUI - NON
33. Je me blesse facilement OUI - NON
34. J’ai plus de mal à rassembler mes idées OUI -
NON
35. J’ai plus de mal à me concentrer dans mon activité
sportive OUI - NON
36. Mes gestes sportifs sont moins précis, moins habiles OUI -
NON
37. J’ai perdu de la force, du punch OUI - NON
38. J’ai l’impression de n’avoir personne de proche
à qui parler OUI - NON
39. Je dors plus OUI - NON
40. Je tousse plus souvent OUI - NON
41. Je prends moins de plaisir a mon activité sportive OUI - NON
42. Je prends moins de plaisir à mes loisirs OUI - NON
43. Je m’irrite plus facilement OUI - NON
44. J’ai une baisse de rendement dans mon activité scolaire
ou professionnelle OUI - NON
45. Mon entourage trouve que je deviens moins agréable à
vivre OUI - NON
46. Les séances sportives me paraissent trop difficiles OUI - NON
47. C’est ma faute si je réussis moins bien OUI - NON
48. J’ai les jambes lourdes OUI - NON
49. J’égare plus facilement les objets (clefs, etc...) OUI
- NON
50. Je suis pessimiste, j’ai des idées noires OUI - NON
51. Je maigris OUI - NON
52. Je me sens moins motivé, j’ai moins de volonté,
moins de ténacité OUI - NON
METTRE UNE CROIX POUR
SE SITUER ENTRE CES DEUX EXTREMES:
Mon état physique:
GRANDE FORME ___________________________________ MEFORME
Je me fatigue
plus LENTEMENT___________________________________ plus VITE
Je récupère de mon état de fatigue
Plus VITE ___________________________________ plus LENTEMENT
Je me sens
TRES DETENDU ____________________________________ TRES ANXIEUX
J’ai la sensation que ma force musculaire a
AUGMENTE _____________________________________ DIMINUE
J’ai la sensation que mon endurance a:
AUGMENTE _____________________________________ DIMINUE
(source : wwww.physiomax.com)
Résultats :
Ce questionnaire n’est donné qu’à titre d’exemple
des questions qu’il faut vous poser. Essayez de répondre
en toute franchise aux questions. Si le résultat est globalement
négatif, il faut s’interroger sur la façon de pratiquer
votre sport et de vous entraîner. Attention, une simple flemme («
Pas envie d’aller à l’entraînement ce soir »)
n’est pas un symptôme du surentraînement. Pour bien
juger si les réponses à ce questionnaire sont inquiétantes,
faites-le voir à d’autres personnes de votre entourage proche
(famille, entraîneur éventuellement).
- Dans leur TPE diffusé
par eureka-sport.com, Samuel Guérin, David Pasquier et Jean-Charles
Traineau proposent plusieurs tests :
Test de Martinet (enfants
de –10 ans) :
20 flexions des jambes
en 40 secondes. On prend le pouls avant l’effort et 1, 2 et 3 minutes
après l’effort, debout. La fréquence cardiaque doit
revenir à son niveau de repos avant les 3 minutes.
Test de Ruffier-Dickson (enfants de + 10 ans) :
30 flexions des jambes
en 45 secondes. On prend le pouls avant l’effort (P1), juste après
(P2) et une minute après (P3).
On calcule l’indice de Ruffier : (P1+P2+P3-200)/10
Si le résultat est
- inférieur à 1, c’est excellent,
- inférieur à 3, très bon,
- entre 3 et 6, bon,
- entre 6 et 9, moyen,
- supérieur à 9, médiocre.
Si P2 est le double ou plus du double de P1, c’est mauvais signe
: cela veut dire que le cœur s’emballe en cas d’activité
sportive. De plus, P3 ne doit pas être supérieur à
P1, sinon cela veut dire que la récupération n’est
pas bonne.
Test de Storm (+ de 60 ans) :
15 fois assis-debout
sur une chaise.
On prend le pouls avant l’effort, juste après l’effort
et une minute après l’effort.
Si l’augmentation est inférieure à 15, et si le retour
à la fréquence de repos se fait en 1 minute, l’adaptation
à l’effort est bonne.
Si l’augmentation est entre 16 et 20, et si le retour à la
fréquence de repos se fait en 1 à 2 minutes, l’adaptation
à l’effort est moyenne.
Si l’augmentation est supérieure à 20 et si le retour
à la fréquence normale est supérieur à 2 minutes,
l’adaptattion à l’effort est mauvaise.
2) Causes
du surentraînement :
a) Raisons médicales
Lorsqu’un sportif
s’entraîne, il puise dans ses réserves. Après
l’entraînement, il récupère. Comme il a utilisé
plus d’énergie qu’en période « normale
», son corps va récupérer un peu trop (ce que l’on
appelle la surcompensation) en prévision des futurs efforts. C’est
comme ça que, petit à petit, l’athlète progresse
: il augmente ses capacités. Pour que ça marche bien, il
faut que le temps de repos soit suffisant pour que le corps ait eu le
temps de reconstituer des réserves. Sinon, d’un cercle vertueux
(plus on s’entraîne, plus on progresse), on passe à
un cercle vicieux (plus on s’entraîne, plus on se fatigue).
Ce cercle vicieux est la cause du surentraînement.
La fatigue peut être physique ou morale. Une lassitude ou un événement
perturbateur dans la vie personnelle et/ou sentimentale peut entraîner
un manque d’envie, d’où une sensation de fatigue, une
fatigue réelle, puis le cercle vicieux du surentraînement.
b) Prévention
L’athlète
et son entraîneur doivent être bien attentifs à la
fatigue. Il faut que le repos soit suffisant. S’il ne l’est
pas, il faut modifier le rythme d’entraînement. Dans ce cas,
il vaut mieux faire moins d’entraînement (même s’ils
sont plus durs) que des entraînements trop fréquents : ce
qui compte, c’est de pouvoir se reposer.
D’autre part, la charge d’entraînement doit être
augmentée de façon progressive.
Pour éviter la lassitude physique ou morale, on peut varier les
exercices. Les entraînements sont plus agréables et moins
fatigants.
Enfin, pour que la récupération soit bonne, il faut bien
s’alimenter, bien boire et bien dormir.
3) Traitement
:
Il n’existe
pas de traitement médical du surentraînement pour l’instant.
La seule façon de le soigner est de prendre du repos. Plus le sportif
attend longtemps, plus le surentraînement est important, plus il
faut de temps de repos pour revenir à un état normal. Cela
va de quelques jours à plusieurs mois. Ce n’est donc pas
négligeable.
Le
sommeil du sportif
Le surentraînement
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