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Asthme et sport

1) Description de l’asthme :

a) Introduction

L’asthme touche entre 2,5 et 3,5 millions de personnes en France. Un asthmatique sur trois est un enfant.
Vu le nombre important d’asthmatiques, on devrait bien connaître la maladie. Pourtant, de mauvaises pratiques continuent d’exister, comme, par exemple, d’empêcher les enfants asthmatiques de faire du sport à l’école. Pourtant, le sport est bon pour la santé des asthmatiques.
Lorsque le sport provoque une crise d’asthme, ce n’est pas toujours pour la même raison. Il y a deux situations. Soit la crise a lieu pendant l’effort, et cela veut dire que l’asthme existait déjà avant. Soit la crise vient juste après l’effort, et on dit que l’asthme est induit par le sport : c’est l’asthme d’effort. Dans les deux cas, l’asthme se traite et ne doit pas empêcher de pratiquer du sport si l’on en a envie.

b) Crise d’asthme

Lorsqu’une personne fait une crise d’asthme, elle a du mal à respirer : inspirer, et surtout expirer. Quand elle expire, cela fait un sifflement. La personne se sent oppressée, et cela peut provoquer un sentiment d’angoisse, d’anxiété, de stress, rarement de panique. La respiration difficile s’accompagne d’une toux, par laquelle l’asthmatique cherche à « déboucher » ses bronches. Les bronches sont des sortes de tuyaux où passe l’air lors de la respiration. Pendant une crise d’asthme, les bronches diminuent de taille (comme si on passait d’un tuyau d’une certaine taille à un tuyau plus petit). C’est ce qui explique la difficulté à respirer, et aussi la toux : les bronches étant plus étroites, des dépôts se forment à l’intérieur, et l’asthmatique tousse pour expulser ces dépôts.

c) Asthme classique

L’asthme classique est cette maladie des bronches qui provoque, lors des crises, des difficultés respiratoires. Lorsqu’une crise d’asthme arrive pendant une activité sportive, ce n’est pas le sport lui-même qui en est responsable : le sport n’est que le facteur déclencheur. Il existe plusieurs facteurs : effort donc, mais aussi poussière, fumée de cigarette, pollens, air froid et sec, gaz d’échappement, pollution atmosphérique, vapeurs de peintures ou d’autres produits du même genre, virus tels que la grippe, ainsi que tout ce qui peut provoquer une allergie.
Lorsqu’une crise d’asthme intervient pendant l’effort, c’est que le traitement est insuffisant ou inadapté (voir traitements).

d) Asthme d’effort

L’asthme d’effort est appelé aussi asthme post-exercice ou asthme induit par l’effort. Il s’agit d’une crise d’asthme qui arrive quelques minutes après l’effort. On ne sait pas encore très bien si dans ce cas le sport est responsable de l’asthme ou s’il sert seulement de révélateur. En tous cas, l’asthme d’effort se traite aussi, et lui non plus ne doit pas empêcher la pratique du sport.

2) Faire du sport en étant asthmatique :

a) Conditions, précautions

Certaines conditions favorisent les crises d’asthme : air froid et sec, présence de pollens, maladie virale telle que la grippe. Dans ces conditions, l’asthmatique doit être particulièrement vigilant, ne pas oublier son traitement, et ne pas forcer plus qu’il ne le peut. Enfin, il faut boire suffisamment car la soif favorise également les crises d’asthme (entre un quart et un demi litre d’eau avant l’effort ; pendant l’effort, un quart de litre toutes les demi-heures ou une gorgée toutes les dix minutes).

b) Choix du sport

Certains sports semblent moins mauvais que d’autres pour les asthmatiques. La course à pied semble plus mauvaise que le vélo par exemple. Pourtant, le journal Le Monde, dans son édition du 2 mai 2003, rapporte que la proportion d’asthmatiques chez les cyclistes est plus importante que dans la société en général et même par rapport aux autres sports. Le journal cite le médecin de l’équipe Cofidis qui avance une explication : les cyclistes « ventilent six fois plus d’air et sont donc en contact avec six fois plus de pollen ou d’agents agressifs comme le goudron ou la pollution atmosphérique ». En attendant que les scientifiques connaissent mieux ce sujet, il y a une certitude : la natation, puisqu’elle se fait dans un environnement chaud et humide, est parfaitement indiquée pour les asthmatiques.
Le seul sport interdit aux asthmatiques est la plongée sous-marine (à cause de l’impossibilité d’inhaler les ßmimétiques sous l’eau).

c) Le sport à l’école

Il existe des certificats d’inaptitude partielle, qui ressemblent à ça (source : www.esculape.com) :

CERTIFICAT D'INAPTITUDE PARTIELLE
Valable pour toute l'année scolaire 200…/200…
*************

Je soussigné, Docteur ----------------------- certifie que l'enfant-----------------------
est apte à pratiquer les sports scolaires ( éventuellement à l'exception de certains sports d'endurance et en particulier les courses de fond. )

En cas de conditions climatiques difficiles, de syndrome grippal, une dispense immédiate de cours d'EPS doit lui être accordée.
Si l'enfant est gêné avant de commencer la séance de sport il en sera dispensé.

En cas de gêne respiratoire (Toux, essoufflement anormal ) au cours d'un exercice physique, il devra interrompre cet exercice et être autorisé voire encouragé à inhaler immédiatement le médicament prévu par son traitement (généralement un bêta-2-mimétique comme la VENTOLINE© par exemple)

Si le Médecin traitant l'a conseillé, l'enfant doit être autorisé à faire deux inhalations de médicament avant chaque cours d'EPS.

Les textes réglementaires indiquent que tout doit être fait pour faciliter sans retard le traitement de la crise.
Les enseignants bénéficient du régime particulier de substitution de responsabilité de l'Etat.
Dans le cas contraire (refus de soins ou d'arrêt de l'activité physique), leur responsabilité pourrait être engagée.

Je suis à votre disposition pour éclaircir le cas de l'enfant........................


d) Traitements

Les bronchodilateurs ou bêta-mimétiques (ßmimétiques), plus connus sous le nom de Ventoline©, Bricanyl©, ou autres, se prennent par inhalateurs. Votre médecin vous dira exactement comment il faut l’utiliser. Avant de faire du sport (10-15 minutes avant), il faut prendre des ßmimétiques, de préférence à action de courte durée. On peut aussi en prendre pendant l’activité, en cas de gêne : cela permet un soulagement rapide et le reprise de l’effort.
Pour prévenir l’asthme d’effort, il existe aussi les cromones, qui se prennent également 10 à 15 minutes avant l’effort et par inhalation.
Les autres traitements de l’asthme agissent sur l’asthme et sur l’asthme d’effort, mais ils sont peu efficaces pour le prévenir : ßmimétiques à action de longue durée (inhalation), corticoïdes (connus aussi pour leur effet dopant, certains sportifs de haut niveau sont peut-être des « faux » asthmatiques) inhalés aussi, les théophyllines, le kétotifène.

e) Bienfaits du sport pour les asthmatiques

Le sport est bon pour les asthmatiques, et c’est logique : le sport améliore la qualité de la respiration. Donc un asthmatique qui fait du sport retarde les crises et en diminue la force. Les bronches, grâce au sport, peuvent transporter plus d’air. En cas de crise, les bronches deviennent plus étroites et peuvent transporter moins d’air. Moins d’air pour un sportif asthmatique, ça fait quand même plus d’air que pour un non-sportif asthmatique.


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